Dernier chapitre de la MAVA : les défis à relever

Par Lynda Mansson, Directrice générale

La MAVA arrive à mi-parcours de sa stratégie finale couvrant la période 2016-2022. Alors que nous entamons ce dernier chapitre de notre histoire, nous nous trouvons face à quelques défis que toute fondation dans notre situation pourrait également rencontrer. Entre certains partenaires qui croient encore que nos financements continueront et le niveau de dépendance important d’autres partenaires, l’équipe de la MAVA se trouve devant des situations délicates à gérer. Cela entraîne des changements dans notre façon habituelle d’opérer, dont certains sont listés ci-dessous.

Un rapport d’avancement à mi-parcours

La stratégie de la MAVA s’est fixée 4-8 résultats spécifiques à atteindre par programme. Ceux-ci sont destinés à être mesurables et atteignables, et concernent principalement la réduction des menaces pesant sur la biodiversité. Les partenaires impliqués de manière collaborative ont défini des plans d’action pour atteindre ces résultats d’ici à 2022. Nous serons bientôt à mi-parcours de la mise en œuvre de ces plans, et allons effectuer une évaluation afin de mesurer les avancées réalisées jusqu’à ce jour et d’identifier les changements éventuels à apporter aux plans.

Nous allons donc gérer notre dernière phase de financement de manière adaptive, afin de veiller à ce que l’impact de nos investissements soit aussi grand que possible. Même si les plans d’action ont été établis pour toute la période de la stratégie, il est temps d’évaluer ce qui peut être mieux fait, et ce qui peut être arrêté ou mis en retrait.

Les retards dans la mise en œuvre de certains projets sont l’un des plus grands défis à relever. Ces retards peuvent provenir d’une difficulté à embaucher du personnel clé, de soucis de coordination parmi les partenaires, ou simplement d’une lenteur d’exécution.

Cependant, alors que nous nous rapprochons de 2022, ces retards pourront de moins en moins être tolérés. Notre intention ferme est d’avoir un impact maximum. Nous devrons donc d’abord peser tous les risques avant de nous engager dans un nouveau projet qui a été lancé avec du retard – et ce quelle qu’en soit la raison. La gestion adaptative nous permet de revoir nos attentes initiales, d’évaluer ce qui a été réalisé ces trois dernières années, et d’être réaliste (et rationnel) concernant ce qui peut être accompli d’ici la fin de notre stratégie, même si des décisions difficiles devront de ce fait peut-être être prises.

Une gestion dynamique de l’affectation des fonds

Notre intention est de veiller à ce que tous les fonds à notre disposition soient dépensés de manière optimum avant la fin 2022. Arriver à la fin et découvrir que certains projets n’ont pas pu dépenser tous les fonds alloués ou que de gros montants sont restés sur les comptes de la MAVA serait pour nous un échec.

Pour y remédier, nous mettons en place des mesures extraordinaires. Entre autres, nous demandons à recevoir des rapports financiers tous les 6 mois afin d’être capables de suivre les dépenses, et mettons en place des règles plus rigoureuses sur la réaffectation des financements qui n’ont pas été dépensés ou engagés. L’objectif, ne l’oublions pas, est de maximiser l’impact de nos financements et de pouvoir célébrer des réalisations importantes en 2022.

Parallèlement, nous avons également planifié l’affectation de tous les fonds disponibles, certains étant alloués à des fins spécifiques parfois encore à l’état embryonnaires. Nous travaillerons pour concrétiser ces idées et les inclure dès que possible dans le cycle de financement, afin de faire la meilleure utilisation possible de nos fonds.

Des niveaux élevés de dépendance

Du fait de la façon dont nous avons historiquement financé nos partenaires, un nombre significatif de partenaires sont très dépendants des financements de la MAVA. Notre dernière analyse montre que 47% de nos partenaires directs s’appuient sur la MAVA pour au moins 30% de leur financement total. Même si une dépendance élevée n’est pas forcément problématique, nous évaluerons la situation de tous les cas et, lorsque nécessaire, chercherons à réduire les niveaux de dépendance. De manière générale, notre objectif est de n’avoir pas plus de 30% de dépendance d’ici à 2022.

Cela signifie que nous nous engagerons proactivement avec un certain nombre de partenaires afin de convenir d’un plan de transition. Nous voulons nous assurer que la fermeture de la MAVA ne créé pas de problèmes de survie pour nos partenaires.

Des partenaires qui n’y croient toujours pas

Malgré une communication la plus claire possible, une minorité de partenaires continue à croire que les financements de la famille Hoffmann continueront après 2022. La famille a confirmé que cela ne sera pas le cas, et tous les partenaires doivent donc se préparer à la fin des financements de la MAVA et de la famille Hoffmann.

Nous pressons tous nos partenaires de prendre ceci en compte avec grande attention et de planifier en conséquence afin d’éviter toute surprise brutale en 2022.

Malgré les défis que nous devons relever dans notre dernier chapitre, l’équipe de la MAVA reste enthousiaste et inspirée par ce qui peut être réalisé d’ici à 2022, et travaille pour cela main dans la main avec ses partenaires. Nous avons encore quelques années pour faire une différence et notre intention n’est pas de disparaître de manière discrète, mais au contraire de partir avec éclat.

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