Du statut d’agent de l’administration publique à celui de bailleur

Par Marie Madeleine Gomes, Manager, Programme Afrique de l’Ouest

Quels changements dans ma relation avec les partenaires ?

Les expériences acquises sur mon chemin professionnel précédent sont un avantage pour mon travail actuel en tant que bailleur. Ce blog décrit certaines des leçons que j’ai apprises.

D’une administration publique à une ONG

Dans le cadre de mon expérience professionnelle, j’ai eu à faire mes premières armes dans le cadre de la mise en œuvre de projet financé par la Banque Mondiale au sein de l’administration publique. En ma qualité de coordonnateur de projet, j’ai vécu une belle expérience autant avec les partenaires bénéficiaires du projet comme ceux finançant le projet. Ce que je retiens, tout d’abord, c’est l’importance du partage du projet avec les bénéficiaires afin qu’ils puissent se l’approprier d’une part. D’autre part, les missions et visites régulières sur le terrain sont également cruciales, ce que les bénéficiaires apprécient particulièrement et les rend fiers. Ces missions ont parfois permis de modifier ou de réorienter certaines activités en prenant en compte les réalités du terrain.

Une autre expérience heureuse vécue a été celle de travailler au sein d’une Organisation non Gouvernementale, mais mieux encore celle d’implanter un projet au niveau de la sous-région, à savoir dans sept pays : le Cabo-Verde, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, le Sénégal et la Sierra-Leone. Cette mise en contact socio-culturelle enlève les œillères que l’on peut avoir sur le management des Hommes. En effet, cela n’est pas gagné d’avance de se faire accepter. Il est arrivé d’être prise soit pour une guinéenne, soit pour une mauresque, sans parler de cabo-verdienne, bissau-guinéenne, gambienne ou sénégalaise « bon teint ». Cela a facilité l’intégration et le dialogue avec les partenaires. Les partenaires se sont sentis en confiance et ont participé pleinement à la mise en œuvre des activités.

Une transition vers le rôle de bailleur

Aujourd’hui, je me retrouve dans un tout autre rôle, en tant que manager de programme au sein de la MAVA, avec le rôle de bailleur ; je dirais que « la boucle est bouclée ». En effet, il existe plusieurs phases dans un projet. On passe de la conception, à l’élaboration à la mise en œuvre, au suivi-évaluation, mais le maillon évaluation et financement n’est pas des moindres.

La transition pour moi entre ces deux rôles n’a pas été facile, cependant je dois dire que si l’on arrive à réaliser toute ces étapes, cela renforce le discernement et aide grandement à la prise de décision tant dans le management du portefeuille qui nous est confié que dans nos rapports avec nos partenaires de mise en œuvre.

En effet, face à l’évaluation de projet soumis par les partenaires pour financement, la connaissance des thématiques proposées par les expériences passées a facilité la prise de décision. Il m’est arrivé de réorienter, conseiller et aider à la stratégie de mise en œuvre des projets. Cela est encore plus valable aujourd’hui, au vu de la volonté claire au sein de la MAVA de promouvoir la « gestion adaptative ».

Pour résumer, le fait d’avoir pratiqué le terrain m’a permis d’être beaucoup plus réceptive aux préoccupations des partenaires chargés de la mise en œuvre et d’avoir une appréciation plus objective des réalisations et du chronogramme nécessaire. Par ailleurs, la connaissance des acteurs et des principaux partenaires, ainsi que celle du contexte national et sous-régional me facilitent beaucoup la tâche.

Développement de relations solides: leçons tirées

Les leçons que je tire et qui ont apporté un changement dans ma relation avec les partenaires ont été les suivantes :

– Etre beaucoup plus à l’écoute des bénéficiaires ;

– Placer les bénéficiaires au cœur de la mise en œuvre ;

– Valoriser les connaissances empiriques comme de terrain ;

– Faire régulièrement des missions de suivi de la mise en œuvre sur le terrain ;

– Prendre en compte les différences socio-culturelles ;

– Mesurer la capacité des uns et autres à promouvoir le changement ;

– Apprécier la capacité de résilience soit des partenaires soit des bénéficiaires ;

– Trouver des solutions consensuelles ;

– Epauler ou appuyer certains partenaires ou bénéficiaires à relever leur niveau ;

– Partager / diffuser les expériences réussies.

Ces expériences ont été à chaque fois un challenge dans ma carrière professionnelle et profite de ce blog pour remercier grandement ce qui m’ont permis d’y arriver.

 

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