Se mondialiser

Ayant grandi dans la région du Herefordshire, au Royaume-Uni, Hannah Brooke a passé une enfance heureuse à marcher dans les collines avec ses grands-parents à la frontière avec le pays de Galles, et a développé un amour précoce pour le monde naturel. Elle a ensuite étudié la géographie environnementale et a fait des recherches sur les motivations des consommateurs derrière leurs achats alimentaires, et la durabilité dans différents magasins.

« J’ai réalisé à quel point nos émotions jouent un rôle dans les choix que nous faisons. Pour être efficace, toute tentative visant à influencer les comportements et à créer un secteur alimentaire durable doit répondre à des besoins émotionnels et s’adapter aux contextes culturels et sociaux spécifiques. »

Aujourd’hui basée à Nairobi et responsable régionale pour l’Afrique de Capitals Coalition, Hannah milite en faveur de l’intégration du capital social et naturel dans la prise de décision des entreprises, et apporte des perspectives internationales plus vastes à la réflexion autour du « capital ».

En Afrique, de nombreuses entreprises sont de petite taille ou dans le secteur primaire et donc ne sont pas en lien direct avec le consommateur ; cependant, un grand nombre d’entre elles sont aussi très conscientes des défis environnementaux et sociaux même si elles ne les étiquettent pas forcément comme de la « durabilité ». La communauté mondiale de Capitals a beaucoup à apprendre auprès d’elles, et nous pouvons offrir un cadre accessible aux entreprises africaines pour leur permettre de contextualiser et de communiquer leurs efforts. Nous commençons tout juste, mais les opportunités sont immenses.

Virtuellement inclusif

Cherchant à développer le débat mondial autour du capital naturel, Capitals Coalition avait décidé de s’inspirer de ses précédents événements du Forum mondial à Edinburgh, avec un événement régional organisé pour la première fois en Afrique en 2020. Choisissant l’Ouganda comme hôte (dont le Plan de développement national intègre le capital naturel aux moyens d’existence et au bien-être), Capitals Coalition nourrissait de grands espoirs pour cet événement. Malheureusement, l’épidémie de COVID-19 est apparue dans les dernières étapes du projet.

« Nous avons dû prendre une décision rapidement : annuler ou faire quelque chose de différent. Conscients que le Forum constituait une opportunité extraordinaire de rassembler les communautés politiques et économiques en Afrique, nous avons décidé d’avoir confiance et d’organiser un événement virtuel. »

C’était la bonne décision. Au lieu des 200 participants prévus sur deux jours, ce qui est devenu le Forum africain sur l’économie verte a attiré près de 900 participants, dont plus de la moitié originaires de 37 pays africains. Abordant un sujet différent chaque quinzaine, depuis l’agriculture et l’eau jusqu’aux finances et aux données, grâce à une série de webinaires organisés de mai à juillet, ce Forum fut un événement au contenu réellement divers.

« Réaliser ce Forum en ligne a été un grand niveleur. Plus des deux tiers de nos intervenants étaient Africains, et un tiers étaient des femmes, ce qui me rend très fière. Un grand nombre de nos intervenants célèbres n’étaient plus disponibles, car ils/elles devaient gérer le COVID. Cela nous a permis de changer de niveau, et d’adopter une perspective davantage axée sur les professionnels de terrain. Nous sommes devenus plus divers, plus pratiques. Et la suppression des coûts de déplacement a été libératrice. Cela nous a permis d’être bien plus inclusifs, et de trouver les meilleurs intervenants pour chaque sujet sans avoir d’obstacles financiers à leur participation. »

Des histoires inspirantes 100% africaines ont traité de sujets comme : un système de paiement pour services écosystémiques impliquant des agriculteurs locaux dans la région du lac Naivasha au Kenya ; ou comment la modélisation du capital naturel est utilisée dans le delta de Saloum au Sénégal afin de valoriser les services écosystémiques et évaluer les impacts des différentes options de développement. Plusieurs participants se sont joints à l’événement depuis leurs sites de projets – et un intervenant ougandais a même fait sa présentation depuis une tente en utilisant le Wi-fi d’un hôtel voisin !

Faire des vagues

Le Forum a contribué à l’émergence d’une communauté de pratiques autour du capital naturel, qui connaît désormais un engagement d’organisations internationales et de gouvernements au plus haut niveau.

« Plutôt qu’être un énième forum de discussion, nous voulions que le Forum inspire des actions pratiques et ait un effet multiplicateur, afin que les participants se connectent, puis agissent de leur côté et fassent quelque chose de fantastique. »

L’un des résultats prometteurs du Forum est la formation d’un Groupe de travail d’entreprises africaines sur le capital naturel. Connecté au partenariat initié par la Banque mondiale de Comptabilisation de la richesse et valorisation des services écosystémiques (WAVES), ce Groupe de travail permettra aux entreprises africaines de faire entendre leur voix dans les débats de la Banque mondiale sur les politiques publiques – une étape importante pour décompartimenter le débat sur le capital naturel en Afrique.

Ailleurs, la Coalition travaille avec des organisations de la société civile afin d’intégrer la réflexion autour du capital naturel dans les plans de relance COVID-19, et met en place des projets pilotes pour démontrer comment les secteurs public et privé peuvent collaborer pour partager leurs données et informations sur le capital naturel. La Banque africaine de développement par exemple étudie le capital naturel dans le contexte du financement du développement comme moyen d’identifier les risques d’investissement au sein de son portefeuille.

Les communautés, les organisations de la société civile et les entreprises commencent à se réunir au-delà des régions et des secteurs, afin de collaborer à la réflexion autour des capitaux et la gestion respectueuse des ressources. Capitals Coalition offre les outils nécessaires pour s’engager aux entreprises et aux gouvernements qui ont un but social et visent la durabilité. Il s’agit désormais d’atteindre une masse critique.

Comment Hannah contribue-t-elle à la mission de la MAVA?

En savoir plus sur la façon dont Hannah et Capitals Coalition contribuent au plan d’action de la MAVA : Intégrer le capital naturel dans la planification de l’économie verte.

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