Condamnation historique de l’Espagne pour la destruction de Doñana

L’Espagne a enfreint le droit communautaire dans le Parc national de Doñana, a déclaré la Cour de justice de l’Union européenne le 24 juin dans un verdict historique. Ce dernier succède aux « extractions excessives d’eaux souterraines », qui enfreignent la Directive-Cadre sur l’Eau et la Directive sur les Habitats, a déclaré la Cour. Le jugement fait suite à une plainte déposée auprès de la Commission européenne par le WWF-Espagne.

L’extraction non durable d’eau dans la région de Doñana pour la culture intensive de fraises porte gravement atteinte à la biodiversité d’un site naturel unique inscrit au patrimoine mondial. Au cours des 20 dernières années, le WWF-Espagne a découvert plus de 1’000 puits illégaux et plus de 3’000 hectares de cultures illégales dans le Parc national de Doñana. « L’incapacité de l’Espagne à protéger un site aussi précieux que Doñana, qui appartient à tous les Européens et qui est un patrimoine naturel mondial de l’humanité, nuit gravement à la réputation de notre pays en tant que leader sur le plan environnemental », déclare Juan Carlos del Olmo, Secrétaire général du WWF-Espagne.

Le WWF appelle le gouvernement espagnol et le gouvernement régional d’Andalousie à empêcher que Doñana ne subisse de nouveaux dommages. Le gouvernement régional d’Andalousie – responsable de la gestion de Doñana, de l’agriculture et de l’aménagement du territoire dans la région – doit fermer de toute urgence toutes les exploitations illégales.

« La gravité de ces activités dommageables est démontrée par le fait qu’elles enfreignent deux textes législatifs européens en même temps : la Directive-Cadre sur l’eau et la Directive sur les Habitats. Nous avons besoin d’un changement politique radical pour protéger notre monde naturel et cela dépendra du respect des engagements en matière de protection et de restauration de la nature énoncés dans la stratégie européenne en faveur de la biodiversité », déclare Andreas Baumüller, Responsable Ressources naturelles au Bureau de Politique européenne du WWF.

Cette décision est survenue au moment où les autorités espagnoles ont ouvert des consultations publiques sur leurs plans de gestion des bassins hydrographiques – qui incluent la region de Doñana – pour 2022-2027, comme exigé dans la Directive-Cadre sur l’Eau. Dans un rapport publié au début du mois de juin, le WWF et la coalition d’ONG Living Rivers Europe ont analysé 13 projets de plans de gestion de bassins hydrographiques en Europe. Le rapport a révélé que le prélévement de l’eau est le sujet de gestion de l’eau sur lequel les États membres sont les moins performants.

Seuls deux projets de plans sur 13 sont en bonne voie pour honorer les objectifs de la Directive-Cadre sur l’Eau d’ici 2027. L’Espagne doit impérativement améliorer ses nouveaux plans de gestion des bassins hydrographiques pour lui permettre d’atteindre l’objectif de bon état des eaux d’ici 2027.

SUR LA DÉMARCHE DU WWF-ESPAGNE :

  • La Cour de justice de l’Union européenne a donné raison au WWF en jugeant que les administrations espagnoles responsables de la protection de Doñana enfreignent la législation européenne (Directive-Cadre sur l’Eau et Directive sur les Habitats), en causant de sérieux dommages à la biodiversité de l’un des sites naturels uniques inscrits au patrimoine mondial et en autorisant le prélèvement excessif d’eau, ce qui entraîne un déclin continu de ses valeurs naturelles.
  • Ce processus juridique a débuté il y a dix ans à la suite d’une plainte déposée par le WWF auprès de la Commission européenne (CE) condamnant l’extraction abusive et non durable de l’eau pour la culture des fraises et la production d’autres baies rouges, car elles causaient des dommages importants à l’environnement naturel de Doñana.
  • Le WWF demande aux administrations publiques espagnoles de ne plus fermer les yeux sur cette destruction de la zone humide de Doñana et de condamner définitivement tous les puits et fermes illégales à l’ouest de Doñana, de freiner l’agriculture industrielle portant atteinte au nord-est du territoire et de mettre en place un projet ambitieux de restauration écologique des marais de Doñana.

La relation de la MAVA avec Doñana est historique. Depuis la création du Parc national de Doñana en 1969 et au cours des dernières décennies, l’implication de longue date de la MAVA avec le WWF dans le parc a montré que, pour pouvoir concilier conservation et développement, il est essentiel de travailler avec tous les acteurs impliqués. Pour en savoir plus sur les enseignements tirés par la MAVA de son travail à Doñana, cliquez ici.

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