Maintenir la nature au cœur de la reprise post-COVID : sommes-nous bien lancés ?

En octobre 2020, la MAVA a lancé un appel à propositions pour des projets susceptibles de renforcer le rôle de la nature et de sa conservation dans la phase de reprise immédiate et dans la phase de (re)construction à moyen terme liées à la crise du COVID. L’appel a suscité un grand intérêt avec 273 soumissions, parmi lesquelles cinq ont été sélectionnées et ont reçu un soutien financier. Vous trouverez ci-dessous une mise à jour de l’avancement de ces projets.

 

PLANS NATIONAUX POUR LA REPRISE ET LA RESILIENCE DE L’UE

La facilité pour la reprise et la résilience (RRF), doté d’un budget de 672,5 milliards d’euros, est une occasion unique pour les États membres de l’UE de canaliser de nouveaux fonds visant à restructurer les secteurs économiques, soutenir les communautés et restaurer les écosystèmes, tout en créant des emplois au profit de sociétés résilientes et en contribuant à une reprise économique saine et juste. Afin d’accéder aux fonds mis à disposition par l’UE visant à soutenir la reprise postpandémie, les États membres ont soumis à la Commission européenne des plans nationaux pour la reprise et la résilience (PNRR) qui décrivent les réformes et les investissements nécessaires pour se remettre des conséquences de la pandémie. La MAVA a décidé de soutenir trois évaluations de ces rapports, effectuées sous l’angle de la nature, afin de souligner les améliorations possibles.

Ces trois analyses différentes et complémentaires montrent que, malheureusement, la plupart des plans de reprise et de résilience des États membres de l’UE n’ont pas suffisamment saisi l’opportunité pour proposer des investissements destinés à être dépensés de manière positive au profit de la nature. Cette série de rapports donne un aperçu de la situation, sous différents angles : une analyse quantitative de dix plans nationaux pour la reprise et la résilience, une évaluation basée sur les plans pour la reprise et la résilience de dix pays d’Europe centrale et orientale, et, finalement, un aperçu global de l’avenir que les plans proposés nous réservent, et ce qu’il reste encore à faire.

Ces rapports ne représentent qu’une partie de l’ensemble du processus de concertation, fournissant des informations sur les impacts positifs sur l’emploi et la cohérence des politiques entre les organisations qui ont publié ces rapports et les différents pays de l’UE, la Commission européenne et les membres du Parlement européen.

Partenaires du projet : un groupe de trois consortiums de projet liés entre eux par une coordination légère : Climate & Sustainability/The Club of Rome/Vivid Economics ; Bankwatch/Euronatur ; ZOE Institute/New Economics Foundation.

 

LE PLAN SENEGAL EMERGENT VERT (PSE vert)

Le Plan Sénégal Emergent Vert est une initiative prioritaire de la deuxième phase du Plan Sénégal Emergent 2035, la principale politique de développement à long terme du Sénégal. Les financements de la MAVA soutiennent la conception du PSE vert, qui a pour ambition de devenir la principale feuille de route environnementale du pays, et l’identification des mécanismes de financement associés.

La première étape du processus de conception consiste à définir la vision, les domaines stratégiques et les objectifs clés. Ce travail préparatoire est en cours et s’appuie sur un examen des politiques, programmes et parties prenantes pertinents du Sénégal. Dans le même temps, l’indice de ‘verdissement’ du plan de relance du Sénégal est en cours d’analyse, une première série de scénarios étant en consultation avec le gouvernement et bientôt disponible pour une consultation plus large. Ces informations alimenteront également les prochaines étapes du processus du PSE vert.

Partenaire du projet : mis en œuvre par le Global Green Growth Institute, le soutien est apporté au Bureau de suivi opérationnel du PSE, qui est rattaché au bureau du Président.

 

RESTRUCTURATION OU/ET ALLEGEMENT DE LA DETTE DANS QUATRE PAYS D’AFRIQUE DE L’OUEST – LA MAURITANIE, LE CABO VERDE, LE SENEGAL ET LA GUINEE BISSAU

La dette était déjà une préoccupation majeure pour la Mauritanie, le Cabo Verde, le Sénégal et la Guinée Bissau avant l’apparition du COVID et le problème a maintenant été considérablement exacerbé par le choc économique provoqué par la pandémie, étant entendu que lier la gestion de la dette post-COVID à la résilience climatique et à la nature peut aider à soutenir une reprise post-COVID verte et inclusive.

La gestion de la dette post COVID offre un fort potentiel pour accroître massivement les retombées positives en faveur du climat et de la nature grâce à un soutien budgétaire national. Avec des garanties appropriées, les créanciers peuvent accorder un allègement de la dette ou des appuis budgétaires au bénéfice des gouvernements ciblés, par exemple dès lors que les objectifs convenus en matière de climat et de biodiversité sont atteints.

Ce projet permettra de préparer des reconversions de dette au profit de la nature et du climat par le biais d’un programme de soutien technique de 18 mois. Jusqu’à présent, le projet a évalué la situation de la dette des quatre pays et identifié une méthodologie pour définir les indicateurs clés de performance pour le climat et la nature. Ces indicateurs, établis pour chaque pays, comprennent les engagements politiques pris dans la stratégie et le plan d’action national pour la biodiversité (NBSAP), les contributions déterminées au niveau national (NDC) ou encore l’augmentation des investissements dans la conservation marine et terrestre, la restauration des terres et la gestion côtière.

La phase initiale de prospection est de six mois et se poursuivra jusqu’à la mi-juillet 2021. Ensuite, les pays pour lesquels les gouvernements débiteurs auront manifesté un vif intérêt seront intégrés à la phase suivante, l’objectif étant de conclure des reconversions de dette au profit du climat et de la nature. Jusqu’à présent, une manifestation d’intérêt a été reçue du ministère des finances du Cabo Verde et le Sénégal devrait bientôt suivre.

Partenaires du projet : l’Institut international pour l’environnement et le développement, Bankers without Boundaries, l’Union internationale pour la conservation de la nature, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique et l’Association pour le développement et l’environnement de Cabo Verde.

 

Alors que certaines parties du monde se dirigent maintenant vers la phase de reprise post-COVID, la MAVA espère que ces projets contribueront à transformer ce qui a été un événement mondial tragique, ayant réveillé nos consciences à l’interdépendance entre la nature et les humains, en un nouvel état d’esprit, de nouvelles structures et de nouveaux financements au profit d’une économie saine, aux services de peuples en bonne santé vivant sur une planète saine.

 

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