Liste rouge des écosystèmes de l’UICN – un outil précieux pour les prises de décisions et investissements en matière de conservation

Des écosystèmes sains nous ont apporté bien-être et permis de survivre pendant des millénaires. Le thème de la Journée internationale de la diversité biologique de cette année s’inscrit dans cette optique, soulignant et valorisant le fait que les solutions se trouvent dans la nature. Il nous appartient de redécouvrir les nombreuses façons dont la nature peut nous apporter des solutions et les intégrer au cœur de notre société et de notre économie. Si nous ne gérons pas les menaces qui pèsent sur les écosystèmes, nous risquons de répéter les erreurs du passé et de compromettre les solutions que la nature nous offre, et ceci non seulement aujourd’hui, mais aussi pour les générations futures.

Mais tout n’est pas perdu : au cours de ces dernières décennies, nous avons mieux compris et pu prendre des mesures adéquates pour réduire la disparition des ressources naturelles de la planète. Mais nous sommes encore loin des notions fondamentales selon lesquelles mieux vaut prévenir que guérir ! La dégradation de la nature et la restauration des écosystèmes ont un coût élevé… non seulement en termes d’argent, mais aussi en termes d’impacts sociaux, comme la pauvreté et la criminalité parmi les personnes qui dépendent de ces ressources naturelles. Nous devons alors également assumer la disparition de systèmes uniques qu’aucun humain ni aucune innovation ne pourra complètement récupérer !

Pouvons-nous continuer à nous permettre cette érosion de notre capital naturel ? Ou pouvons-nous inverser cette tendance à la dégradation ?

Depuis 2011, MAVA soutient le développement d’un outil global et standardisé permettant d’évaluer le risque de disparition des écosystèmes au niveau mondial – la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN (LRE).  « Il peut être difficile de trouver des donateurs qui sont prêts à investir dans de nouvelles idées de conservation et sans le soutien financier de la MAVA, il aurait été impossible de réaliser tout ce que nous avons fait avec la RLE », déclare Radhika Murti, directrice du Programme de gestion des écosystèmes mondiaux de l’UICN.

Comment la LRE peut-elle aider à gérer les risques auxquels les écosystèmes font face?

Comparable aux catégories de risques de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, la LRE aide à évaluer et à comprendre les risques auxquels sont confrontés les écosystèmes. Grâce à la LRE, nous pouvons déterminer si un écosystème lacustre est vulnérable ou quelles forêts sont en danger critique d’extinction, et pourquoi. Ces informations peuvent aider les pays à prendre des décisions éclairées sur les politiques et les mesures à mettre en place pour contribuer à freiner les risques et, en fin de compte, éviter l’effondrement de l’écosystème. En réitérant les évaluations tous les cinq ans, les informations de la LRE peuvent devenir un outil de suivi fiable pour surveiller si les risques pour les écosystèmes augmentent ou diminuent et comment les actions doivent être modifiées en conséquence.

La LRE est déjà utilisée dans des pays tels que la Colombie, le Chili, la Finlande, la France, le Sénégal et l’Afrique du Sud pour informer les politiques et les actions de conservation par le biais de la législation, de l’aménagement du territoire, de l’extension des zones protégées et de la gestion des écosystèmes. En Colombie, une évaluation nationale réalisée en 2018 a révélé que près de la moitié des écosystèmes du pays étaient soit « en danger », soit « en danger critique d’extinction ». Ces résultats ont incité le gouvernement à se concentrer sur la quantité de terres ayant le statut de zone protégée et à envisager la restauration des écosystèmes en danger critique d’extinction.

Pouvons-nous mobiliser un effort au niveau mondial pour réduire les risques qui pèsent sur nos écosystèmes ?

Oui – il y a de l’espoir ! Les partenariats entre les scientifiques, les acteurs de la conservation et la MAVA ont été essentiels pour faire passer la LRE d’une phase pilote à une norme acceptée globalement. Ces dix dernières années de tests, d’applications et d’apprentissage ont permis de mettre au point un outil robuste, largement applicable et fiable. Une communauté croissante de partenaires est en train d’émerger, engagée à renforcer les capacités scientifiques et à partager ce qu’elle a appris en utilisant l’outil. L’UICN et ses partenaires travaillent également sur les processus de biodiversité post-2020 afin d’y intégrer une approche de gestion des risques liés aux écosystèmes, que tout pays pourra mettre en œuvre. La prise en compte du coût (actuel et potentiel) de la disparition des écosystèmes dans le prochain système des Nations unies pour la comptabilité économique environnementale est une priorité pour les partenaires de la LRE. En capitalisant sur ces processus multilatéraux, la LRE peut fournir une base scientifique solide permettant de mieux gérer le futur des écosystèmes de la planète, ce qui constitue une étape de plus pour recalibrer la tendance et éviter des regrets.

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