Lorsque j’ai postulé pour un travail dans le parc il y a vingt ans, mes parents n’étaient pas d’accord : pourquoi être garde dans une forêt ? J’y ai vu une occasion d’apprendre de nouvelles choses, mais je ne pensais pas que je tomberais autant amoureux de la nature. J’ai réalisé à quel point c’est important de la protéger, et la nature est maintenant un mode de vie pour moi.

Shouf, Lebanon (c) ACS

Une conservation pratique

Couvrant 5% du pays, les forêts magnifiques de Shouf abritent le plus grand peuplement restant de cèdres libanais du pays. Aujourd’hui emblème national du Liban, dont certains sont vieux de 2000 ans, le cèdre descend des arbres utilisés par les phéniciens pour construire leurs bateaux, qui étaient à la base de leur civilisation.

Lorsque Nizar a commencé à travailler dans le parc, le tourisme était synonyme de gros hôtels, et l’environnementalisme était une notion quasiment inconnue au Liban. Aujourd’hui, près de 100 000 écotouristes par an viennent faire de la randonnée, regarder les oiseaux, marcher dans la neige et découvrir la nature, grâce à la vision de Nizar et de son équipe.

C’est ce que nous appelons la conservation pratique. Nous ne disons pas aux communautés locales que le parc est important parce qu’il abrite des reptiles menacés ou parce que ses arbres sont l’emblème du Liban : nous expliquons plutôt qu’en prenant soin de la terre, nous aurons plus de visiteurs, plus de revenus et plus de fierté. Les gens disaient que c’était dangereux d’impliquer les entreprises locales, mais nous avons montré à tout le monde que la nature est un bon investissement.

Le retour du bouquetin

Charismatique, bien connecté et à l’aise avec les médias, Nizar est un communicateur né. Tous les ans, la « marche avec les commandeurs » organisée dans le parc attire des milliers de participants, y compris le Président libanais ; et la libération récente de la buse féroce a attiré des dignitaires locaux, des bénévoles, des scouts et des médias. Mais le meilleur est encore à venir.

« En septembre, nous allons réintroduire le bouquetin de Nubie depuis la Jordanie. Il avait disparu du Liban depuis plus de 100 ans. Ses habitudes de pâturage permettront de maintenir de beaux pâturages. Et puis c’est autre chose que les vieux cèdres ! »

Le cœur de la réserve est protégé et offre des services écosystémiques d’une valeur de 19 millions de dollars US. Mais Nizar s’attaque maintenant à un nouveau défi. Shouf est devenu si populaire que les terres et les ressources précieuses adjacentes sont sous pression. Réconcilier le développement, les intérêts des communautés et la conservation est un exercice d’équilibre délicat.

(c) ACS Lebanon

Au début, nous étions confrontés à la chasse et à l’exploitation forestière. Aujourd’hui, tout le monde veut avoir une maison ou une entreprise dans la région. Nous sommes en train de réévaluer la planification urbaine et le développement de la zone tampon avec le ministère de l’Environnement. Le soutien que nous recevons des communautés locales et de la famille Joumblatt est essentiel pour réaliser notre vision de la durabilité.

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Encourager les pratiques durables d’utilisation des terres

Le travail de Nizar fait partie du projet Mosaïque méditerranéenne de la MAVA, axé sur la restauration des écosystèmes et la résilience des paysages au changement climatique. Al-Shouf Cedar Society et Nizar sont maintenant un partenaire clé pour le plan d’action de la MAVA sur les paysages culturels dont le Shouf est l’un des 4 sites pilotes.

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