Les possibilités d’agir sont réduites, mais je suis optimiste. Nous avons une stratégie claire, qui répond à des objectifs spécifiques, dans des zones sensibles, sur le changement climatique ou les espèces vulnérables. Pour cela, nous travaillons avec des partenaires comme l’ONU Environnement et l’UICN, qui possèdent une expertise en matière de conservation ; et nous avons réussi à attirer les financements nécessaires pour avancer.

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Toutes les propositions sont les bienvenues

Les espèces non-ciblées comme les oiseaux de mer, les requins, les raies, les tortues de mer et les dauphins sont menacés par la pêche accessoire liée à la pêche au chalut, à la palangre et au filet fixe. Pour la Commission, il est désormais prioritaire de mettre un terme à cette catastrophe, grâce à une approche unique en matière de gouvernance qui permet de trouver un consensus et de rassembler des solutions.

« Dans de nombreuses organisations liées à la pêche, les ONG n’ont qu’un statut d’observateurs. À la CPGM, nous fonctionnons différemment. Nous permettons à tous les experts, y compris les ONG, de présenter des propositions de mesures de conservation. Tant qu’elles sont scientifiquement solides, nous les soumettons aux membres pour considération. C’est une porte ouverte ».

Un des principaux axes de travail est de mieux comprendre l’interaction entre les pêches et les écosystèmes. Avec d’autres partenaires comme l’ACCOBAMS (Accord sur la conservation des cétacés de la mer Noire, de la Méditerranée et de la zone Atlantique adjacente) et le WWF, la CGPM identifie quel type d’activité de pêche a un impact sur quelles espèces, où et quand.

Nous avons mis au point une méthodologie commune pour la collecte de données, afin que les ONG ayant une expertise de terrain puissent faire des recherches. Nous étudions les dimensions spatiales, temporelles et techniques. Notre rapport d’état des lieux 2020 doit offrir une image claire de la situation afin que nous puissions proposer des solutions pratiques fondées sur la science, soit en modifiant les équipements soit en protégeant les nourriceries.

Trouver un terrain d’entente

Le plus grand défi est de renforcer la confiance. Les pêcheurs se méfient souvent des conservationnistes, et tout changement peut être une source de conflit, c’est pourquoi il est crucial de trouver un terrain d’entente.

« J’ai conscience de la difficulté de persuader un capitaine du bien-fondé de la présence sur son bateau d’un observateur qui fait un rapport sur les impacts de la pêche ! Mais des pêches productives dépendent d’écosystèmes sains, donc en réalité les conservationnistes et les pêcheurs ont beaucoup en commun ».

Au cours des dix dernières années, l’opinion publique, le courant environnemental et la science ont mis en lumière l’état catastrophique des grands prédateurs très recherchés comme le poisson-épée et le thon, et ils ont mis la conservation des espèces vulnérables comme les dauphins et les tortues de mer à l’ordre du jour politique.

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L’état d’esprit de nos membres a changé – grâce à l’action d’ONG et de bailleurs comme la MAVA. Je viens de Vigo, en Galice, et la mer fait partie de mon identité. Ce que je veux, ce sont de bonnes connaissances scientifiques qui inspirent de bonnes décisions, afin que mes enfants puissent connaître la joie de voir une pieuvre dans l’eau, et avoir le bonheur de manger du poisson frais en sachant qu’ils ne détruisent pas l’environnement.

Cliquez pour en savoir plus sur Miguel et la CGPM, et découvrir de quelle manière ils participent à la réalisation du Plan d’action de la MAVA en Méditerranée : Concilier pêche et Méditerranée et Préserver les ressources marines vivantes.

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