Nous ne sommes pas ici uniquement pour faire des recherches mais pour mettre nos connaissances en pratique. Chaque jour est différent ! Il peut s’agir d’une action stratégique pour la région méditerranéenne ou d’une action locale, comme apprendre aux riziculteurs locaux à accepter nos flamants roses, qui adorent envahir les immenses rizières!

Collared pratincole (c) Thomas Blanchon, Tour du Valat

L’oiseau préféré de Luc Hoffmann

La conservation du flamant rose dans le sud de la France est un succès avéré, mais Jean est surtout fier d’une réalisation plus récente. Après quelques mesures d’incitation, les glaréoles à collier ont finalement choisi la Tour du Valat comme principal site de reproduction en France.

C’est un oiseau magnifique, un peu plus gros qu’une hirondelle. Comme il fait son nid sur un terrain nu, ses œufs sont souvent noyés lorsque les riziculteurs inondent leurs rizières. Les regarder se nourrir au-dessus des marais au soleil couchant est un spectacle merveilleux. C’était l’oiseau préféré de Luc.

La pression sociale

Dans toute la région méditerranéenne, les zones humides sont sous-évaluées, vues comme des terres gaspillées qu’on ferait mieux de développer, drainer ou utiliser pour l’agriculture, et dont l’eau pourrait être mieux utilisée. Jean est catégorique : il faut absolument plaider en leur faveur et revendiquer leur valeur en tant que source de vie, de richesse et d’inspiration. Diffuser un message public clair, assorti de solides connaissances scientifiques, est un élément crucial dans les partenariats, surtout avec l’Observatoire des zones humides méditerranéennes.

Pour soutenir cette tendance vers un engagement sociétal plus vaste, Jean a récemment participé à la formation de l’Alliance pour les zones humides méditerranéennes, qui rassemble 15 ONG internationales et 5 organisations de recherche dédiées à la protection des zones humides et à la défense de leur utilisation durable.

 

(c) Med Wetlands Obserevatory

Nous avons mis au point des outils puissants qui aident les responsables de zones humides à prédire les résultats en se basant sur des facteurs comme le niveau de l’eau et la salinité, et d’autres qui suivent le grignotage urbain et agricole grâce à l’imagerie satellite dans des pays comme la Syrie ou la Libye, où les données sont rares voire indisponibles. Mais offrir aux décideurs le rapport parfait n’est pas suffisant. Il faut une pression sociale, c’est pourquoi nous faisons tout notre possible pour impliquer la société civile et changer les idées reçues sur les zones humides.

Zone humide Camargue (c) iStock-Ales Veluscek

La piqûre du moustique

Biologiste et agronome de formation, Jean a toujours travaillé au croisement de l’agriculture et de l’environnement, en cherchant toujours à prendre en compte la nature. Il grandit à Grenoble, et passe ses week-ends à randonner dans les Alpes, mais c’est la rencontre avec Luc qui fut réellement décisive.

Alors que nos vies deviennent de plus en plus virtuelles et urbaines, l’être humain a de moins en moins de connexion avec la nature. Nous devons sentir les feuilles et l’herbe, sentir la piqûre du moustique ! Luc l’avait bien compris : nous ne pourrons réconcilier l’être humain et la nature que si nous faisons cette connexion et ressentons cela dans notre corps et dans notre âme.

preloader_imageposteger

Améliorer la conservation des zones humides côtières

Promouvoir un développement côtier durable est un défi complexe. Par leurs recherches, leur mobilisation et leur passion, Jean et la Tour du Valat sont essentiels à la mission de la MAVA dans le Bassin méditerranéen, et inspirent des centaines d’organisations et d’individus. Découvrez-en davantage dans le plan d’action de la MAVA à ce sujet.

    Retour au filtre