Conserver l’une des merveilles de la nature en Afrique de l’Ouest : l’archipel des Bijagos en Guinée-Bissau

L’archipel des Bijagos en Guinée-Bissau est l’une des merveilles de la nature de l’Afrique de l’Ouest. Les 88 îles et îlots abritent des zones importantes de forêts intactes, de savanes, des grandes tourbières et des plages de sable blanc. La population des Bijagos partage cet environnement avec des milliers d’oiseaux marins et des espèces menacées comme les tortues marines et les lamantins.

Cette région est l’un des sites iconiques de la MAVA et nous soutenons l’Institut pour la biodiversité et les aires protégées (IBAP), l’administration en charge des aires protégées de Guinée-Bissau, ainsi que ses partenaires nationaux et internationaux, dans son travail de gestion, de sensibilisation du public, de recherche appliquée à la conservation et de renforcement des capacités.

Voici quelques exemples inspirants des activités de conservation en cours dans la région, coordonnées par l’IBAP et mises en oeuvre dans le cadre des plans d’actions de notre Programme Afrique de l’Ouest visant à protéger les sites de reproduction des tortues marines et à mettre un terme aux perturbations des oiseaux d’eau.

Les voyageurs créoles de l’océan

Pour encourager la conservation des tortues de mer en Guinée Bissau, l’ISPA – Institut universitaire, l’université d’Exeter et la Faculté des sciences de l’université de Lisbonne se sont associés avec l’IBAP pour étudier les mouvements des tortues vertes se reproduisant dans l’archipel des Bijagos, où se trouve l’un des plus importantes sites de reproduction au monde. Pendant la saison de nidification 2018, 20 appareils de suivi satellite ont été installés avec succès sur des tortues vertes femelles qui nichaient sur l’île de Poilão afin de mieux comprendre la connectivité de ces tortues avec des sites d’alimentation parfois assez éloignés. Les premiers résultats montrent que certaines femelles nicheuses circulent entre les différentes îles des Bijagos. Entre les pontes, d’autres s’aventurent en dehors des limites de l’aire marine protégée (AMP) du Parc marin national de João Vieira et Poilão, où se trouve le plus important site de reproduction. Enfin d’autres vont s’alimenter dans les eaux côtières de Guinée-Bissau et dans les pays voisins (Gambie, Sénégal et Mauritanie). Et, fait surprenant, certaines tortues vertes semblent rester en permanence dans l’archipel et ne migrent pas. Les informations recueillies seront essentielles pour étudier les limites de l’AMP, mieux comprendre les menaces qui pèsent sur cette population en dehors du Parc et collaborer avec d’autres projets de conservation des tortues marines ailleurs dans la région.

Pour en savoir plus, téléchargez l’article complet ici.

Où sont les meilleures cantines pour les échassiers des Bijagos ?

Depuis 2017, une équipe de recherche de l’université de Lisbonne travaille en étroite collaboration avec l’IBAP, dans le cadre du projet « Échassiers des Bijagos ». L’objectif est de comprendre et de sécuriser les processus écologiques essentiels, de mettre fin aux menaces actuelles qui pèsent sur les oiseaux de rivage et leurs habitats, et de contribuer à sensibiliser le public sur l’importance de ces îles si riches en biodiversité.

Un étudiant local fait sa thèse sur l’évaluation de la contribution des forêts de mangroves au ravitaillement des oiseaux de rivage dans cet environnement tropical. Les premiers résultats laissent entendre que le carbone provenant de la mangrove ne contribue pas au réseau alimentaire des oiseaux de rivage de manière significative, car il est en grande partie dissous dans l’océan, où il joue probablement un rôle important pour le maintien des stocks de poissons. Un autre objectif important est l’identification des aires d’alimentation les plus appropriées pour les échassiers dans les Bijagos. Les proies sont échantillonnées (en grande partie des invertébrés enterrés dans les sédiments), et les habitats intertidaux ainsi que la répartition des échassiers sont cartographiés grâce à des comptages réguliers des oiseaux dans les zones intertidales. Avec toutes ces informations, l’Université de Lisbonne espère pouvoir réaliser une carte des habitats et modéliser les préférences d’habitats des différentes espèces impliquées afin d’encourager la gestion durable de la zone.

Plus de détails sur ce projet seront publiés bientôt.

Les Bijagos sont-ils un « hub » essentiel pour les échassiers ?

Le projet international « Sécuriser l’intégrité écologique de l’archipel des Bijagos en tant que site essentiel pour les échassiers le long de la voie migratoire de l’Atlantique Est », coordonné par l’IBAP, vise à définir les niveaux de connectivité entre les Bijagos et les autres sites le long de la voie migratoire. Pour cela, une équipe de l’université d’Aveiro a initié un programme de baguage des oiseaux, permettant d’identifier les zones prioritaires fréquentées par les échassiers migrateurs durant l’année. Un réseau important de volontaires, observant les oiseaux sur toute la voie migratoire, participe à ce programme. L’équipe a pour l’instant identifié 39 oiseaux, ce qui confirme des connexions entre les Bijagos et différents pays européens. Les résultats préliminaires montrent que le baguage par couleur est essentiel pour pouvoir identifier les mouvements à un niveau local, mais l’utilisation d’appareils de suivi électroniques attachés aux échassiers est également nécessaire pour obtenir des informations sur les routes migratoires de chaque oiseau. Ces appareils seront installés sur différentes espèces au cours des prochains mois, afin de montrer les liens entre le « hub » des Bijagos et d’autres sites le long de la voie migratoire de ces échassiers.

Plus de détails sur ce projet seront bientôt publiés.

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